Illustration : festival du film italien
Illustration : festival du film italienIllustration : Scène culte de la Dolce VitaIllustration : Claudia Cardinale dans Huit 1/2Illustration : Scène culte de la Dolce VitaIllustration : Anita Ekberg à la fontaineIllustration : Marcello MastroaniIllustration : Giulietta MasinaIllustration : Frédérico FelliniIllustration : La Dolce Vita

SPECTACLE

FESTIVAL DU FILM ITALIEN DU 24 MAI AU 3 JUIN ORGANISÉ PAR CIAO RÉUNION

Ciao Réunion -

Après le Festival de Cannes 2016, l'association Ciao Réunion organise son festival du film italien qui se déroulera au Plazza du 24 mai au 3 juin 2016.
Chaque séance est suivie de débats passionnés au restaurant Il Giardino, siège de l'association Ciao Réunion.

Cette année, en point d'orgue la conférence de René Ceccatty sur le thème "Leopardi et Pasolini - poésie et cinéma" à 16h30 au Plazza le samedi 28 mai 2016
suivi de la projection du film Leopardi, il giovani favoloso...

En parallèle, l'expo de Stephan Jardel à la mairie de Saint-Denis.

Réservez vos dates, de belles pépites à découvrir !

PROGRAMME DU FESTIVAL DU FILM ITALIEN 2016 ORGANISÉE PAR L'ASSOCIATION CIAO RÉUNION

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FLASH BACK SUR FELLINI VU PAR JEAN-PAUL MANGANARO

Jean-Paul Manganaro tient sa passion du cinéma de sa prime jeunesse dans un village sicilien où sa mère, pour tuer l'ennui, l'emmenait voir des films toutes les semaines. Traducteur émérite de 185 romans et essais italiens, il vit sa retraite d'universitaire à Paris. Invité par l'association Ciao Réunion pour partager sa passion fellinienne avec le public, Jean-Paul Manganaro ouvre des passages secrets qui permettent de mieux cerner l'oeuvre onirique d'un des plus grands réalisateurs de l'histoire du cinéma.

 

Entretien avec Jean-Paul Manganaro

Q Pourquoi Fellini ?

J’ai une admiration sans borne pour Fellini, c’est du domaine personnel, mais il faut reconnaître que c’est le seul cinéaste italien qui a couvert en 23 œuvres l’épopée de l’histoire contemporaine italienne, comme Balzac avec La Comédie Humaine. D’autre part, il a vraiment construit une œuvre au travers de ses 23 films qui sont liés au même univers, il le dit lui-même : " Je ne sais pas distinguer un film d’un autre, entendons-nous, je parle de mes films. Pour moi, j’ai toujours tourné le même film. Ce sont des images et uniquement des images, que j’ai tournées en employant les mêmes matériaux. "

 

Q Dans votre livre Romance édité chez POL, vous avez repris chronologiquement son œuvre en la mettant en lumière sous trois grands axes :

En effet, trois axes majeurs se dégagent de l’œuvre Fellini :

Le cinéma raconte, période de néo-réalisme qui commence par sa collaboration avec Rosselini, puis Les Feux du Music-hall co-réalisé avec Alberto Lattuada (1950) et se termine par Les nuits de la Cabiria (1957) ;

Le cinéma crée, période où l’imaginaire défie le réel qui commence par La Dolce Vita (1960) et se termine par Fellini-Roma (1972) ;

Le cinéma réfléchit, dans sa double acception, la pensée et le miroir, période qui commence par Amarcord (1973) et se termine par La Voix de la lune (1990).

 

Q Là où l’histoire commence…

Fellini est né en plein fascisme, le 20 janvier 1920, deux ans plus tard Mussolini organisera la marche sur Rome. Fellini vit alors à Rémini, une station balnéaire de la côte Adriatique. Son père est représentant de commerce. Et son œuvre sera imprégnée du souffle créatif, la " voie du fantastique ", contrepoids à la torpeur provinciale. La première force dominante dans l’œuvre de Fellini est " la province regarde la capitale ". La deuxième force dominante est le Vatican, omniprésent, et censeur implacable et enfin, la troisième force dominante, le Parti Communiste qui ne cesse de le censurer aussi. Durant toute sa carrière, il a été pris en tenaille entre la censure du Vatican et celle du Parti Communiste, car il était hors système, c’était un solitaire, borderline souvent.

Fellini arrive à Rome à l’âge de 19 ans, il va faire du journalisme, et des dessins, des caricatures. Il dessine en esquisses ses rêves démesurés, tout ce qui lui passe par la tête. Puis, il entre dans le sacro-saint Cinecittà et travaille au scénario de Rome, ville ouverte de Rossellini qui est de 20 ans son aîné. Une collaboration sur Rome, la capitale de l’Italie, la ville de l’empire du cinéma, la ville du Vatican à une époque marquée par la fin du fascisme. 

 

Q La confrontation des réalités, Les nuits de la Cabiria...

Il vient de recevoir le premier de ses cinq oscars avec La Strada en 1954 qui parle d’une errance sur la route comme un labyrinthe fermé sur soi. Sa femme, Giuletta Masina, joue le rôle de Gelsomina, femme enfant généreuse aux côtés d’Antony Quin, un hercule bourru - à qui elle a été vendue -  briseur de chaînes sur les places publiques. Le monde du cirque est une des thématiques récurrentes de Fellini.

Trois ans plus tard,  dans Les nuits de la Cabiria, Giuletta Masina joue à nouveau le rôle principal, celle d’une prostituée dans Rome. Chaplinesque et fragile, elle sautille d’une scène à l’autre, comme un animal blessé. Pasolini collabore au scénario et initie Fellini à la connaissance des banlieues. Fellini, dans ce film, met en scène deux milieux différents, les prostituées et les acteurs, pour " raconter des réalités intérieures ".

 

Q La puissance du mythe, La dolce vita...

Fellini ne veut plus avoir affaire avec le néo-réalisme, il ne veut plus raconter des histoires. C’est l’image qui parle, l’image tisse son propre récit avec un foisonnement de thèmes et l’absence de frontière entre le rêve, l’imaginaire et le réel.

La Dolce Vita met en scène la dégradation du tissu social qui se croit uni et qui ne l’est pas. On suit un écrivain raté, Marcello Mastroianni, journaliste de presse à scandale qui erre dans Rome la nuit à la recherche de scoops. Il va vivre trois histoires d’amour, la première avec Anouck Aimée, femme libre, grande bourgeoise libertine, la seconde avec Yvonne Furneaux, femme protectrice qui lui prépare ses œufs à la coque, et enfin avec Anita Elberg, femme icône, inaccessible, phosphorescente, interprète de cette scène culte dans la fontaine de Trévi.

Fellini met un coup de projecteur sur le chaos de l’époque, la corruption, la décadence, la puissance du matérialisme, comme il le précisera quelques années plus tard :

" Je me rends compte que La Dolce Vita a constitué un phénomène qui a largement dépassé le film lui-même. Du point de vue des mœurs ; mais peut-être aussi par quelques innovations : c’était le premier film italien qui durait trois heures et tout le monde, même les amis, voulait que j’y pratique des coupures. Il a fallu que je le défende de toutes mes forces… Il me semble que l’inspiration, pour ce qui était de la formation des images, me venait de la vie telle que le proposaient les illustrés en héliogravures, l’Europeo, Oggi : ce spectacle insensé de l’aristocratie noire et du fascisme, leur manière de photographier les fêtes, leur mise en page esthétisante. Ces publications illustrées ont été le miroir inquiétant d’une société qui se célébrait elle-même continuellement, se représentait et faisait son propre éloge ; une noblesse pontificale,  noire et paysanne, qui partait en caravelle et se faisait photographier pour des chroniques mondaines… "

 

Q  Le film culte sur la création artistique, Huit et demi

Un film fondamental qui parle de la création artistique dans l’Italie des années 60. Un film autobiographique où il décrit sa propre angoisse face à la création, il est submergé de souvenirs, d’images rêvées et n’arrive pas à faire son film. Fellini montre avec beaucoup d’humour la censure,  la pression des producteurs, de l’actrice qui se demande quelle scène elle va jouer finalement. Et de la toujours très pure beauté de la femme, Claudia Cardinale, un rêve qui passe…

C’est le dernier film de Fellini en noir et blanc. Il adorait le noir et blanc, dans Huit et demi, la choralité de la lumière et des mouvements est extraordinaire. Là aussi, le thème de l’eau, des rivages est repris, eau thermale, vapeurs floconneuses, baptême, régénérescence…

 

Q Le retour à l’enfance à Rémini, Amarcord

Il mélange le feu, le vent, l’écume, il rend compte de l’opacité des souvenirs. On retrouve là un mélange de tous les genres felliniens, comédie, tragédie, music-hall. La rêverie, l’aspiration de chacun de nous a quelque chose de meilleur sans savoir ce que c’est. Le titre d’ailleurs évoque cet assemblage de souvenirs – Je me souviens.

 

Q L’importance de la musique dans les films de Fellini…

La musique est fondamentale chez  Fellini, comme en témoigne sa longue collaboration avec Nino Rota. Dans La Strada, cette petite musique, minuscule, gonfle au fur et à mesure que le film se déroule. Les musiques sont très diversifiées, une petite ritournelle peut donner lieu à une tempête, la musique devient lancinante dans La Dolce Vita. Dans Amarcord, c’est un des éléments marquants du film, et dans Huit et demi, la musique de fanfare qui exulte est toujours ancrée dans la mémoire collective.

 

Q La photo est ausis essentielle chez Fellini…

Oui, Fellini attachait beaucoup d’importance à la photo. Il savait d’ailleurs très bien s’entourer, comme pour la musique, de grands spécialistes. Il concevait chaque scène comme un tableau.

 

Q Comment décrire la magie fellinienne…

Le cinéma de Fellini est un cinéma de la palpitation. Le côté artistique, la puissance de l’évocation, la capacité à faire sortir toutes les émotions, celles qui touchent les tripes, pas forcément l’intellect. Fellini ne parlait pas quand il tournait, les acteurs faisaient semblant de parler de manière à adapter le dialogue à l’image, à l’inverse de ce qui se fait d’habitude. Fellini est un conteur de détails, de choses brèves, l’irruption d’un fragment de vie, un visionnaire sachant saisir la dimension onirique des êtres et des choses.

 

Q Le mot de la fin pour qualifier l’œuvre de Fellini…

La puissance de sa légèreté.



Le cycle FELLINI organisé par l'association Ciao Réunion

En novembre 2015, l'association Ciao Réunion avait organisé un festival Fellini avec la projection de film au Plaza suivis de débats orchestrés par ce grand spécialsite de Fellini Jean-Paul Manganaro accompagné de notre cinéphile réunionnais Dominique Picardo. Connjointement, au Théâtre du Grand Marché la pièce d'Emma DANTE Les soeurs Macaluso a connu un tel succès qu'une séance supplémentaire a dû être programmée.

Les quatre oeuvres majeures sélectionnées pour ce programme dense et ces moments de partage :

  • LE NOTTI DI CABIRIA  - Le samedi 21 novembre à 19h au Cinéma Le Plaza - Comédie dramatique de 1957 avec Giulietta Masina et François Perrier

 

  • LA DOLCE VITA - Le lundi 23 novembre à 18h30 au Cinéma Le Plaza - Chronique dramatique de 1960 avec Marcello Mastroianni et Anita Ekberg

 

  • OTTO E MEZZO - Le mardi 24 novembre à 18h30 au Cinéma Le Plazza - Comédie dramatique de 1963 avec Marcello Mastroianni et Claudia Cardinale

 

  • AMARCORD - Le mercredi 25 novembre à 18h30 au Cinéma Le Plazza - Comédie dramatique de 1973 avec Bruno Zanin et Magali Noël

Pour plus d'informations

Association Ciao Réunion - 5, rue Amiral Lacaze - 97400 Saint-Denis de La Réunion - tel : 02 62 94 15 15 - ciaoreunion@gmail.com 

https://www.facebook.com/Ciao-Réunion

 

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