Illustration : BEYROUK
Illustration : BEYROUKIllustration : Jury du prix métis des lycéens 2016Illustration : Le Tambour des larmesIllustration : GRAND PRIX DU ROMAN MÉTIS 2016Illustration : PRIX MÉTIS 2016Illustration : Douna Loup Prix métis 2016

ROMAN

PRIX DU ROMAN MÉTIS DES LYCÉENS 2016

Photo Isabelle Kichenin -

Le 15 décembre 2016, le prix métis des lycéens a été décerné à Beyrouk pour "Le tambour des larmes" publié chez Elyzad déjà lauréat à Genève du prix Kourouma.

Huit jours avant, Douna Loup a reçu le 7e Grand Prix du Roman Métis 2016 pour "L'oragé" publié aux éditions Mercure.

Créé en 2010 par la ville de Saint-Denis le Grand Prix du Roman Métis porté par l'association la Réunion des livres en partenariat avec la DAC OI récompense chaque année "un roman francophone paru depuis moins d'un an et véhiculant des valeurs d'humanisme, de diversité et de métissage." Le Prix du Roman Métis des lycéens a été créé, quant à lui, en 2011 en partenariat avec l'Académie de la Réunion et le Lions'club. Le lauréat se doit d'aller à la rencontre des jeunes dans les lycées participant à cette grande aventure qui valorise la littérature francophone contemporaine et permet de découvrir des univers souvent proches des questions d'actualité.

 

LE LAURÉAT DU PRIX MÉTIS DES LYCÉENS 2016

Les seize lycéens réunionnais rejoints par le vote à distance des lycéens malgaches ont élu le Tambour des larmes sans trop de difficultés. Les délibérations à huis-clos se sont - d'après les membres du jury - déroulées dans un climat serein : "il n'y avait pas besoin d'hausser la voix pour imposer son choix".

Le consensus sur Le tambour des larmes est vite arrivé :  "ç'est vite devenu une évidence".

Les jeunes lecteurs se sont laissés emporter par le style et l'originalité de l'histoire qui se déroule en partie dans le désert mauritanien, laissant découvrir les traditions de peuples Bédouins, en partie en ville à Ata puis dans la capitale Nouakchott. La dimension poétique, les contrastes entre les sociétés nomades et les sociétés urbaines, le message fort sur la condition de la femme sont autant d'arguments qui ont porté facilement Le tambour des larmes à la tête de leur choix

Certains lycéens soulignent aussi qu'ils n'ont pas eu de difficultés d'identification à l'héroïne, la jeune rebelle Rayhana : "On partage ses émotions, on pense comme elle, on parle comme elle...et même si on n'a pas vécu les mêmes choses qu'elle, on apprend la vie avec elle".

Pour ces jeunes lecteurs, le titre semble fortement peser dans la décision de lire un livre.  Et à la fin de la lecture, ils n'ont pas été déçu comme ils peuvent l'être parfois : " le titre explique bien le parcours du livre et les sentiments engendrés du début à la fin."

Quelques avis mitigés avaient totuefois émergé, çà et là, notamment : "la difficulté à rester concentrer sur l'histoire qui navigue entre le présent et le passé, la vie en ville et la vie dans la tribu nomade." Mais le jury a vite balayé ces premiers handicaps.

Un magnifique roman donc qui communique bien le déchirement de cette jeune femme, Rayhana, enceinte trop jeune, obligée d'abandonner son bébé sous le diktat d'une mère dont le seul objectif est de sauver l'honneur de sa noble famille appartenant à la tribu des Oulad Mahmoud. Avant de s'enfuir en ville à la recherche de son fils, Rayhana va leur dérober le tambour sacré pour se venger de leur morale impitoyable, et peut-être aussi essayer de conjurer le sort...

LA SÉLECTION DU PRIX MÉTIS DES LYCÉENS 2016

Pour les lycéens, il a été plus difficile de s'emparer de l'histoire des trois autres romans.

La sélection du prix Métis des lycéens 2016 :

  • Le tambour des larmes de Beyrouk raconte le double sacrilège d'une jeune femme qui se rebelle, ne respecte pas les lois imposées par ses aînés, et emporte avec elle le tambour, symbole de sa tribu dans le désert mauritanien. "Un double acte de rebellion".
  • Petit Piment de Mabanckou, l'humour joyeux et la limpidité du texte plongent néanmoins le lecteur dans un orphelinat sous fond de révolution.  Mais un style pas toujours apprécié par le jeune public : "Mabanckou ne finit jamais ses phrases !"
  • Le Moabi cinéma de Blassy, une belle surprise, car il s'agit du premier roman de ce musicien, auteur-compositeur, qui n'a pas laissé insensible le jury des jeunes.
  • Vol à vif de Ravaloson surprend aussi par la beauté du texte et l'histoire de ces voleurs de zébus à Madagascar, suspens assuré et réelle attractivité pour les histoires qui se déroulent dans la grande île "avec la subtilité des différentes ethnies qui empêche d'entrer dans l'histoire si on n'a pas un minimum de connaissances sur Madagascar."

En 2015, le jury des lycéens avait choisi Terre Ceinte de M'Bougar Sarr comme le jury des adultes qui lui ont décerné le grand prix du Roman Métis.  Une première !

 

LES LAURÉATS DU PRIX MÉTIS DES LYCÉENS

  • 2016 - Beyrouk - Le tambour des larmes chez Elyzad
  • 2015 - Mohamed Mbougar Sarr - Terre ceinte chez Présence africaine
  • 2014 - Guillaume Staelens - Itinéraire d'un poète apache chez Viviane Hamy
  • 2013 - Cécile Ladjali - Shâb ou la nuit chez Actes Sud
  • 2012 - Carole Zalberg - À défaut d'Amérique chez Actes Sud
  • 2011 - Delphine Coulin - Samba pour la France chez Seuil

 

LE JURY DU PRIX DU ROMAN MÉTIS DES LYCÉENS

Cette année, 303 élèves de 10 lycées de La Réunion, et 30 élèves de 4 lycées de Madagascar ont participé au Prix du Roman Métis des lycéens. Chaque lycée a désigné ses représentants pour composer le jury et les lycéens malgaches ont envoyé leur vote sous enveloppe cachetée. Une belle aventure qui, au départ fait un peu peur, car les lycéens ont très peu de temps pour lire les quatre livres de la sélection, et certains n'arrivent pas à achever leurs lectures. "Un parcours culturel et éducatif" qui fait découvrir des auteurs francophones contemporains dont le roman publié dans l'année est porteur de "valeurs d'humanisme, de métissage et de diversité".

Les jeunes lycéens sont d'ailleurs encore sous le coup de l'émotion de leur rencontre du 7 octobre 2016, où ils ont pu échanger en direct avec M'Bougar Sarr, double lauréat 2015. Ce jeune romancier de 25 ans est allé dans les classes et leur a parlé "comme un grand frère, il s'est donné à fond pour répondre à toutes les questions". De quoi éveiller aussi le goût de l'écriture pour certains.

 

LE LAURÉAT DU GRAND PRIX DU ROMAN MÉTIS 2016

La sélection du prix métis n'a pas été de tout repos. Quarante romans reçus des quatre coins du monde francophone à lire en deux mois, "un marathon littéraire" ! La rançon du succès de ce prix qui maintenant traverse les océans et devient un temps important pour l'éditon francophone.

Cette année les organisateurs, La Ville de Saint-Denis et la Réunion des livres, ont voulu intégrer les lecteurs dans le jury en s'adressant aux fidèles abonnés des bibliothèques municipales " c'est important d'avoir l'avis des professionnels, mais c'est important aussi d'avoir l'avis des lecteurs, car sans lecteurs, le livre n'existe pas" commente René-Louis Pestel élu à la culture de la ville de Saint-Denis.

La Lauréate 2016, Douna Loup, jeune auteur suisse mariée à un Malgache et vivant en France viendra recevoir son prix le 6 décembre à la mairie de Saint-Denis. Il est prévu un séjour à Madagascar durant sa venue à La Réunion. À noter que l'Oragé est en cours de traduction malgache.

L'oragé "à l'écriture charnelle, sensuelle et poétique est ancré dans l'histoire de Madagascar par le biais de deux poètes malgaches ayant existés - Jean-Joseph Rabearivelo et Esther Razanadrasoa, dite Anja-Z, un livre magnifiquement écrit" selon Stephane Hoarau, directeur du service culturel.

Philippe Vallée président de la Réunion des livres souligne, quant à lui, l'importance de cette fenêtre ouverte sur le monde pour stimuler l'imagination et l'envie de lire : " Je me réjouis de la cohérence de cette sélection qui reflète la diversité et le multiculturalisme de la francophonie."

 

LA SÉLECTION DU GRAND PRIX DU ROMAN MÉTIS 2016

La sélection de cette année 2016 suit d'assez loin les sélections parisiennes automnales.

En challenger, le favori des lecteurs et des libraires métropolitains, Gaël Faye, Prix du roman Fnac 2016, a reçu le prix Goncourt des lycéens pour Petit Pays publié chez Grasset, un très beau premier roman sur l'enfance au Burundi alors que sévit dans le pays voisin la guerre civile entre Hutus et Tutsis.

Pour rappel, le Goncourt 2016 a été décerné à Leila Slimani pour Chanson Douce, le Médicis à Ivan Jablonka pour Laëticia ou la fin des hommes, tous deux basés sur des faits divers, le prix Interallié à Serge Joncour pour Repose-toi sur moi, le prix Fémina à Marcus Malte pour Le Garçon, parcours d'un jeune sauvage dans le monde civilisé qui pourrait faire écho au jeune Pygmée de InKoli Jean Bofane dans Congo INC - prix métis 2014 et prix des cinq continents pour ce même roman... 

Tandis que la sélection du jury du Grand Prix du Roman Métis 2016 de la ville de Saint-Denis en partenariat avec la Réunion des livres a, en dernière sélection, retenu quatre romans :

  • Makenzy Orcel - L’Ombre animale chez Zulma
  • Douna Loup - L’ Oragé chez Mercure de France
  • Jean Lods - Le dernier colonel chez Phébus
  • Maya Ombasic - Mostarghia chez VLB Editeur 

"Nous avons un roman de Jean Lods, auteur dont l’oeuvre est traversée par La Réunion, un roman sur Madagascar mettant en lumière de grands noms de la poésie malgache et écrit par une Suisse, un roman sur les Balkans publié au Québec et un roman haïtien très novateur" commente Philippe Vallée, Secrétaire général du prix.

Le 17 novembre a eu lieu l'annonce du lauréat de cette septième édition - Douna Loup pour L'oragé - et le 6 décembre 2016 la cérémonie de remise du prix à l'hôtel de ville de Saint-Denis.  Ce grand prix du roman métis a été initié en 2010 par la ville de Saint-Denis en partenariat avec la Réunion des livres et la DAC OI.

 

LES LAURÉATS DU GRAND PRIX DU ROMAN MÉTIS

  • 2010    Maryse Condé  En attendant la montée des eaux chez Lattès      
  • 2011    Lyonel Trouillot    La Belle Amoure humaine chez Actes Sud    
  • 2012    Tierno Monénembo    Le Terroriste noir  au  Seuil également prix Ahmadou-Kourouma
  • 2013    Léonora Miano    La Saison de l'ombre chez Grasset également prix Femina
  • 2014    In Koli Jean Bofane    Congo Inc. chez Actes Sud également Prix des cinq continents de la francophonie
  • 2015    Mohamed Mbougar Sarr    Terre ceinte chez Présence africaine également prix Ahmadou-Kourouma
  • 2016    Douna Loup    L'oragé  chez Mercure de France


 

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !