Illustration : Etonnants Voyageurs à Saint-Malo

ETONNANTS VOYAGEURS 2016

Festival International du livre et du film à Saint-Malo du 14 au 16 mai 2016

Festival Etonnants Voyageurs/Ara guler/ Magnum Photo -

En 1990, Michel Le Bris crée dans la cité corsaire son Festival Étonnants Voyageurs pour ouvrir un espace de réflexion non pas sur la littérature de voyage, mais sur l'idée que la littérature vibre des sursauts du monde, quel que soit son genre, roman, poésie, témoignage, polar, science-fiction...
Cette littérature ouverte, curieuse et voyageuse, donne naissance à un mouvement littéraire en 2007 lorsque Michel Le Bris, épaulé par ses écrivains militants, lance son Manifeste pour une littérature monde. Il franchit un nouveau palier en 2011 en rejoignant La Word Alliance qui fédère les huit premiers festivals littéraires internationaux. Depuis les premières éditions, Étonnants Voyageurs, avec la connivence d'écrivains amis, est allé à la rencontre d'autres territoires d'expression en créant, toujours dans le même esprit, une manifestation sur place : Dublin, Sarajevo, Bamako, Rabat-Salé, Haïfa, Brazzaville, Port-au-Prince... Et c'est à Saint-Malo que, le week-end de la Pentecôte, les amoureux d'une littérature en prise avec le bouillonnement du monde se réunissent immanquablement depuis 26 ans.

ÉCRIVAINS ET ARTISTES DANS LE CHAOS DU MONDE

Plus que jamais, Michel Le Bris, dans sa conscience " du monde qui vient ", invite ses 200 écrivains à débattre et à échanger sur les bouleversements du monde. Dans ce grand laboratoire d’idées qu’est le Festival Étonnants Voyageurs, ce sont eux, plus que les géopoliticiens, sociologues ou spécialistes en tous genres, qui répondent le mieux à cette question du devenir :

 

" Une boussole dans ce tumulte : la voix des écrivains, des poètes, des cinéastes, dont l’honneur, pour reprendre l’expression de Vaclav Havel est d’être, face aux totalitarismes, face aux idéologies, les gardiens du sens des mots. "

 

Pour cette thématique Où nous en sommes, deux penseurs des temps présents sont à l’honneur, Henry Corbin et André Glucksmann ainsi que les nouvelles voix de l’Orient, la guerre universelle faite aux femmes actrices et victimes de ce monde en furie, la poésie contre les intégrismes, dans l’idée de faire entendre autre chose sur l’Islam.

 

Autre thématique, L’Amérique dans tous ses États, avec un hommage appuyé à Jim Harrison qui vient de nous quitter. L’occasion de saluer aussi de grands auteurs disparus, comme le conteur chilien Francisco Coloane, qui déclara en arrivant à Saint-Malo que le voyage depuis ses îles Chiloé était tellement long qu’il a passé son temps à dormir, persuadé qu’il était déjà dans son cercueil, et il trouvait cela très inconfortable !

 

Cap sur la Caraïbe, avec les nouveaux auteurs cubains – Année Zéro –, et l’illustre écrivain haïtien devenu Académicien, Dany Laferrière.

 

Focus sur Les pouvoirs de la littérature avec deux mythes incarnant une certaine idée de l’Europe : Shakespeare et Cervantes. Invitée spéciale, la nouvelle revue littéraire Apulée qui consacre son premier numéro annuel aux Galaxies identitaires.

 

LA QUÊTE DU GRAAL

C’est au Palais du Grand Large que se déroule cette grande fête du livre et des idées. Au premier étage, les écrivains se retrouvent autour de Maëtte Chantrel, la grande Prêtresse des lieux, dans une ambiance chaleureuse, face à un public tout à la découverte de leurs derniers ouvrages. La quête du Graal commence là. Au second étage, plusieurs grands débats – véritables laboratoires pour découvrir et penser le monde – font rage dans la salle Maupertuis ou la Rotonde Surcouf. Au rez-de-chaussée, l’auditorium, quant à lui, est plutôt réservé à la projection de films. Toute la ville est investie du bouillonnement du Festival. Intra-muros, la Maison de la poésie, le grand rendez-vous créé par Yvon le Men, la Maison du Québec pour des rencontres francophones, l’École nationale de la Marine pour des sujets autour de la mer, l’hôtel l’Univers pour un petit-déjeuner avec son auteur préféré….

 

Plus tard, à l’occasion d’une pause, il sera temps de retourner quai Duguay-Trouin et de s’immerger dans l’immense salon littéraire au sein duquel tous les écrivains signent leur dernier ouvrage sur le stand des éditeurs. Un grand moment de partage où chacun est ravi de rencontrer l’autre. Pas de vedettariat ici, les auteurs sont respectueux du public, échangent volontiers avec leurs lecteurs, voire les captivent, comme Jean-François Deniau, fut un temps, qui se mit à raconter de longues histoires comme s’il se trouvait chez lui, un soir d’hiver au coin du feu.

 

En fait, en lisant le programme, on est souvent perplexe devant la liste impressionnante des auteurs invités dont on connaît à peine la moitié ! Et c’est le but du festival, jouer le rôle d’un passeur culturel. Peu importent les thématiques, on découvre toujours de nouveaux horizons littéraires et l’on repart enchanté avec quelques livres sous le bras qu’on lira forcément. Depuis l’année dernière, sur le site internet d’Étonnants Voyageurs, la biographie des écrivains est affichée avec leur actualité. Un plus pour après ! Parce que finalement, en trois jours, on en prend pour une bonne année d’exploration de toutes ces pépites littéraires.

 

Étonnants Voyageurs, c’est aussi le festival de l’image avec plus d’une centaine de films projetés autour des thèmes qui colorent la diversité du monde : Fuoccoamare à Lampedusa, Le Siège de Sarajevo, No land’s song de chanteuses iraniennes, L’étreinte du serpent en pleine Amazonie… avec des expositions et, bouquet final, le grand concert du Groupe Nishtiman au Théâtre de Saint-Malo où cinq virtuoses iranien, irakien, turc, français célèbrent la tradition kurde. Joyeux Festival à tous !

 

 

 

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !